Diary of Eve’s land

Production 2023-2025

– À Propos –

Diary of Eve’s Land est basée sur une série d’entretiens vidéo réalisés par Kyoko Kasuya, artiste-réalisatrice japonaise, à Djeddah, en Arabie saoudite, en 2023. Par le biais des réseaux sociaux, elle a invité des femmes à participer au projet, réunissant finalement cinq participantes aux profils variés : une médecin, une psychologue, une étudiante en BTS médical, une professionnelle de l’informatique et une immigrée poursuivant ses études dans une université en ligne.

Sur fond de transformation sociétale radicale en Arabie saoudite, portée par l’initiative gouvernementale Vision 2030, ce film donne à voir des témoignages sincères et des scènes du quotidien de femmes évoluant entre les attentes sociales et leurs aspirations personnelles. En même temps, le regard de Kasuya, en tant que femme japonaise marquée par sa propre confrontation avec la société, suit les silhouettes des femmes saoudiennes, créant un documentaire de regards croisés.

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C’est Sally, la première qui m’a parlé de la ville de Djeddah, en Arabie Saoudite. Je me souviens qu’elle m’ait dit :

–       Ça vient de جدة, Jaddah, le mot arabe pour « grand-mère » et aussi ce nom viendrait du fait qu’Ève, considérée comme la grand-mère de l’Humanité, serait enterrée à Djeddah. 

J’ai rencontré Sally au printemps 2022, à Paris. Sally est designer industriel et travaille dans un bureau côtoyant sur un pied d’égalité ses collègues masculins. Sally me fit ensuite rencontrer ses amies et puis une de ses sœurs. Zeina, Asmaa, Rouaa étaient graphiste, cinéaste, dentiste… Leurs présences et la vision qu’elles avaient de la vie déplaçaient les idées préconçues que j’avais de ce pays. J’y voyais aussi des similitudes avec le Japon dont je viens. Toutes ces femmes avaient pour point commun de venir de Djeddah. 

Sally me dit un jour que sa sœur ne souhaitait pas revenir en Arabie Saoudite. Elle venait d’obtenir un doctorat de médecine dentaire au Royaume-Uni, et avait une belle carrière devant elle dans son pays, mais elle se trouvait trop âgée pour pouvoir espérer trouver un mari. C’était une question que je m’étais posée moi aussi en 2013, l’année de mon diplôme à l’École Supérieure des Beaux-arts de Montpellier. Je lui avais alors répondu :

–   Au Japon c’est la même chose, à 33 ans tu es une vieille fille ! Le mieux que j’aurai  pû espérer là-bas, c’est un vieillard ou un idiot. Et il m’aurait demandé tous les jours pourquoi je suis encore aux études !